Article paru dans le journal “La Dernière Heure les Sports” du 4 février 1993.

Il offre 200.000 francs aux plus démunis

Le Père Samuel se bat pour les sans-abri

 

Le geste est beau. Généreux. Le Père Samuel, ce prêtre traditionaliste tant contesté par ses supérieurs, a décidé de faire don de deux années d’arriérés de salaire que lui devait l’évêché de Tournai. C’est dans les locaux de La Dernière Heure – Les Sports qu’il a remis la somme de 200.000 francs à Marc Renson, responsable de l’asbl La Pierre d’Angle, un asile de nuit recueillant les sans-abri de la capitale. (Ph. Way Press)

 

 

 

   

La grande générosité du Père Samuel

  

Un million d’arriérés aux œuvres de La DH

 

et aux protégés du juge Bracq :

 

Le banni de l’évêché a du cœur

 

 

 

 

Son salaire pour les pauvres

Bruxelles – Le geste est beau, généreux. C’est celui d’un homme d’église. Un homme peu ordinaire : le Père Samuel Boniface, prêtre traditionaliste de Gosselies, qui a encore rassemblé, dimanche, pas moins de 1.900 personnes dans le hangar où il officie pour la messe !

Des couvertures et des matelas

Le Père Samuel, c’est aussi cet homme qui dérange manifestement ses supérieurs directs, en l’occurrence l’évêché de Tournai. Fin 1990, ce dernier, n’appréciant pas la façon dont il gère sa prêtrise, lui avait tout bonnement coupé les vivres, le privant de ses 34.000 francs (net) mensuels. Réhabilité le lundi 11 janvier, devant la cour d’appel de Mons, il devait décider, peu de temps après, de donner ce qui lui était dû, dans son entièreté (près d’un million de francs, soit deux années d’arriérés de salaire, plus les intérêts), « aux pauvres et aux orphelins ».

Le Père Samuel : « Ma richesse, c’est ma simplicité. Le peuple est avec moi… » (Ph. Way Press)

Le Père Samuel est un homme de parole : il a choisi La Dernière Heure / Les Sports pour distribuer la somme de 200.000 francs. Le reste ira, à Charleroi, aux œuvres du juge Bracq. Après réflexion, notre choix s’est porté sur La Pierre d’Angle, cet asile de nuit dont nous vous avons déjà parlé et qui accueille les sans-abri de la capitale. Marc Renson, le responsable de cette asbl pluraliste, a rencontré, en nos locaux, le généreux donateur…

« Nous attendons de déménager dans de nouveau bâtiments, plus grands, où nous disposeront du double de lits, a expliqué M. Renson. Ce don vient à point pour acheter des couvertures, des couvre-lits, des matelas… Pour assurer un accueil correct des sans-logis. »

De fait, l’asile, établi dans des locaux vétustes voués à la démolition, ne dispose que de faibles moyens et de… 24 lits. Il doit, en permanence, refuser du monde et affiche, pour l’heure, complet tous les soirs.

 

Avec et pour le peuple

« J’ai toujours dit que je n’assignais pas l’évêque en justice pour l’argent, nous a, de son côté, confié le Père Samuel, mais pour dénoncer sa dictature. Cet argent, je n’en ai pas besoin ! je vis de peu de chose. Je ne vis pas dans le luxe des palais comme l’évêque. Je suis très économe, je n’ai ni voiture, ni chien, ni chat. Je mange une fois par jour. Ma richesse, c’est ma simplicité. »

À chaque jour suffit sa peine…, expliquera encore le prêtre hors du commun. « J’ai le peuple avec moi et c’est l’essentiel. Du lundi au dimanche, je reçois entre septante et quatre-vingts personnes chez moi. Plus au moins 150 coups de téléphone. Je donne ma vie au peuple. Jour et nuit, je réponds présent ! Le dimanche, je ne ferai jamais de collecte après la messe, mais les fidèles donneront toujours spontanément, tout comme ils me conduisent là où je dois aller sans rien me demander en retour… »

Un don qui est la preuve, comme l’a conclu M. Renson, que, malgré des philosophies différentes, on peut très bien avoir des objectifs communs : ceux de la charité et du dévouement en faveur des plus démunis.

Nancy Ferroni

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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