Article paru dans le journal "La Nouvelle Gazette" du 13 janvier 2003.

 

Une opération "faim et froid"
très médiatique pour Charles Boniface


 

MONTIGNIES-SUR-SAMBRE ∇ L’homme avait déjà ses fidèles, qui sont nombreux et probablement sincères. Sans toit, il a longtemps officié dans un ancien dancing, avant de s’offrir une église, une vraie, à Montignies-sur-Sambre, rachetée pour quelques millions (d’anciens francs) aux Franciscains. Il a aussi ses “pauvres”, qu’il a accueillis dans une annexe de l’église dimanche après-midi. “Ils ont bien le droit d’être là, ils viennent d’assister à une messe de 4 heures !” lance Charles Boniface -alias Père Samuel- juché sur une chaise pour être mieux vu. Il y a du monde à la distribution : outre les fidèles, il y a ceux qui sont attirés par l’aubaine. Le Père a fait sa publicité dans les boîtes aux lettres de la région, annonçant la distribution de vêtements, de jouets, de vivres et même d’enveloppes contenant de l’argent! Pour tous, sans distinction de croyance, dit le “toutes boîtes”.


 

“C’est comme les soldes, mais c’est gratuit” s’exclame une petite dame ravie, qui a déjà dans les bras de quoi rhabiller de pied en cap toute une petite famille. D’autres ont porté leur choix sur les peluches, les jouets, les bouquins… Mais personne n’oublie de tendre la main à la sortie : les enveloppes contiennent chacune 50 €, dit-on ici. Le total fait une coquette somme. D’où vient l’argent? Souvent interrogé sur ce sujet, Samuel a toujours affirmé qu’il recevait régulièrement des dons et qu’il se chargeait deredistribuer l’argent.


 

“Je donne à tous, 24 heures sur 24. Tout le monde peut venir” dit-il, du haut de sa chaire improvisée. Les fidèles s’arrêtent de fouiller dans les montagnes de vêtements. Il y a des applaudissements, des sourires émus et admiratifs, même des chants : ici, le public est manifestement conquis d’avance. Même si le Père Samuel fait tout ce qu’il faut pour rester au top des suffrages.
AN.D.
 
REGION

Le Père Samuel a aussi ses “pauvres”. Et il les gâte...
Vêtements, jouets, vivres et même enveloppes de 50 euros, Charles Boniface distribuait tout gratis et il y avait du monde! PAGE 6
 

 

JONATHAN DE CESARE

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