Un article très significatif
datant de 1974
- sujet à réflexion -

 

« Laissons-le [le religieux, le prêtre] se laïciser tout seul… »

 

Au début du siècle (mars 1904), la Chambre des députés de Paris était occupée à discuter LA LOI COMBES (Émile Combes, 1835-1921, homme politique français), cette loi qui devait supprimer l'enseignement congréganiste, et ainsi tuer la foi catholique dans la jeunesse scolaire. Plan diabolique de la franc-maçonnerie.

Le Frère maçon Buisson (Ferdinand Buisson, 1841-1932, homme politique français) commence alors, en Chambre, une tirade qui prend, après 70 ans, la valeur d'une extraordinaire prophétie. Il vaut la peine de le citer longuement : "Je connais, dit-il, le proverbe L'habit ne fait pas le moine. Eh bien, moi, je soutiens que c'est l'habit qui fait le moine. En effet, l'habit est pour lui et pour les autres religieux, le signe, le symbole perpétuel de sa mise à part, le signe qu'il n'est pas un homme comme les autres hommes.

"Cet habit religieux, c'est une force : c'est la force et la mainmise d'un maître qui ne lâche jamais son esclave ; et notre rêve maçonnique est précisément de lui arracher sa proie. Quand l'homme aura déposé cet uniforme de la milice religieuse où il s'est enrôlé, forcément il retrouvera la liberté de s'appartenir ; il n'aura plus une règle qui enserre toute sa vie, il n'aura plus un supérieur à qui demander des ordres pour chaque acte de son existence… En un mot, il ne sera plus l'homme de la Congrégation religieuse, il redeviendra forcément tôt ou tard l'homme de la famille, l'homme de la cité, l'homme de l'humanité".

Et Ferdinand Buisson a tout prévu pour laïciser les religieux. Il continue son discours : "Il faudra bien que le religieux sécularisé se mette à gagner sa vie comme tout le monde. Nous n'en demandons pas plus ; car alors il sera LIBRE

"Longtemps, peut-être, il restera attaché à ses idées, religieuses et autres. Gardons-nous de nous en plaindre. Laissons-le se laïciser tout seul, la vie aidant. Comptons sur la nature pour reprendre tous ses droits. C'est par la liberté que nous le gagnerons à la liberté. Ne perdez pas de vue que, pour rester congréganiste, il faut faire une violence incessante à la nature, et que, pour redevenir laïque, il suffit de rouvrir son cœur et ses yeux…

L'Abbé Raymond Dulac, qui reproduit ce fameux discours dans la revue ITINÉRAIRES de Paris (nov. 1971, p.152), commente : "Est-ce assez beau ! Le tableau de Buisson est d'un maître psychologue : il arrive que la haine soit ainsi plus lucide que l'amour… Ce que les bourreaux de la Révolution, en 1792, n'avaient pu obtenir par la prison et les supplices, les maçons laïcisateurs de 1904 allaient l'obtenir par l'arsenal hypocrite et silencieux des lois.

Il leur suffisait de toucher au cœur de l'institution religieuse. Le cœur, ce sont les vœux ; le cœur, c'est la vie en commun, sous le même toit et sous la même règle ; le cœur c'est la clôture des grilles et de l'habit religieux…

"Le virus laïcisateur inoculé 50 ans avant, allait ainsi lentement, sûrement invisiblement, développer sa leucémide dans le corps de l'Église de France… Les prêtres, les religieux, les religieuses, selon l'espérance du franc-maçon Buisson, vont se laïciser tout seuls".

Devons-nous nous taire et laisser faire ?
 

Stella Maria, 20 novembre 1974.

 

Un article tres significatif datant de 1974

 

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