Selon moi, on ne peut pas légiférer pour pouvoir tuer quelqu’un car tuer un être humain est une violation du cinquième commandement de Dieu : « Tu ne tueras point » (Exode, 20, 13).

Par ailleurs, comme je le dis souvent, si les hommes appliquaient ce commandement, il n’y aurait ni guerres ni meurtres. Selon la définition du Dictionnaire historique de la langue française, euthanasie est un mot emprunté au grec, euthanasia, qui signifie « mort douce et facile. Le mot a été repris en médecine en 1907 pour “mort douce sans souffrance” et couramment au XXe siècle, “fait d’utiliser des procédés qui permettent de hâter ou de provoquer la mort d’un malade incurable”. »

Moralement, un médecin ne peut pas conseiller à un malade ou à un vieillard de choisir l’heure de sa mort. Dieu a donné la vie, il est donc le seul à avoir le droit de la reprendre. On n’a pas le droit de mettre fin à la vie d’un malade incurable ou d’un vieillard, sous prétexte d’abréger ses souffrances, même si ce vieillard ou ce malade le demande, car sa vie ne lui appartient pas.

En banalisant l’euthanasie, on insuffle à beaucoup de personnes souffrantes ou même simplement désespérées l’idée perverse et criminelle de mettre fin à ses jours. Or, « il n’est pas permis de tuer un homme qui le veut, qui le demande, qui ne peut plus vivre », déclarait très justement saint Augustin († 430), qui ajoute : « On cherche quelqu’un pour le tuer, il vit encore, mais on est déjà coupable d’homicide. »

Bien avant les chrétiens, les païens interdisaient l’homicide de soi-même. Pour le philosophe grec Aristote († 322 av. J.-C.), « se donner la mort pour éviter la pauvreté ou quelque chose de pénible, c’est de la lâcheté. » D’autres philosophes grecs et latins, qui étaient païens, condamnaient eux aussi le suicide et affirmaient qu’un homme qui s’est donné la mort devait être privé de sépulture. De la même manière, l’Église catholique a longtemps refusé de donner la sépulture chrétienne aux personnes suicidées.

Personnellement, je suis pour le pardon et je suis prêt à faire gratuitement l’enterrement de toute personne, même suicidée, si on me le demande. Ceci ne veut pas dire que je suis pour le suicide ou l’euthanasie, qui est un suicide assisté, mais parce que je suis pour la miséricorde, à l’exemple du Christ qui recommandait à ses disciples : « Soyez miséricordieux, comme votre Père [c’est-à-dire Dieu] est miséricordieux. »

Je répète qu’on n’a pas le droit de piquer comme des chiens des êtres humains âgés ou malades, même s’ils le demandent, pour se débarrasser d’eux sous prétexte qu’ils souffrent ou qu’ils représentent un poids pour leur famille ou pour la société. Je conclurai ma réponse sur l’euthanasie par une parole de notre regretté pape Jean-Paul II (264ème pape, 1978-2005) qui déclarait dans sa lettre encyclique Evangelium vitae (« Évangile de vie ») :

« Je confirme que l’euthanasie est une violation grave de la Loi de Dieu, en ce que le meurtre délibéré est moralement inacceptable de la part d’une personne humaine. »

Jean-Paul II, cité par le Conseil pontifical pour la famille, Lexique des termes ambigus et controversés, Paris, Pierre Téqui, 2005, p.412.  

Père Samuel,

prêtre catholique 

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