Je suis d’accord avec l’ami de Jean-Paul II, le philosophe français Jean Guitton († 1999) quand il dit : « En Occident, la jeunesse est désemparée ; l’une des raisons de son trouble est que l’on n’exige plus assez d’elle. »

La jeunesse est désemparée parce qu’effectivement on n’exige plus rien d’elle et parce que ses seuls modèles sont bien souvent des chanteurs et des acteurs corrompus qui mènent une vie complètement déréglée.

Il ne faut donc pas s’étonner de voir les jeunes tomber dans l’alcool, la drogue, le sida, voire même le suicide. Je plains les jeunes filles qui couchent avec vingt ou trente garçons avant le mariage, et commettent plusieurs avortements. Comment voulez-vous que cette jeunesse fonde de véritables familles sur cette sexualité précoce et épileptique qui les rend tellement laids, usés, abîmés et même mentalement déviés !

Pour que la jeunesse soit équilibrée et puisse dans l’avenir fonder de véritables familles, il lui faut de vrais modèles parmi les parents, les éducateurs et les dirigeants politiques et religieux. Les jeunes doivent écouter les leçons de la sagesse, s’appliquer à la pratique du bien, ne pas être indifférents envers la spiritualité, discipliner leur vie et lutter avec énergie contre le démon car le démon pousse la jeunesse au mal. Mais les jeunes ne doivent pas consentir à ses suggestions.

Ce qui est dommage et regrettable c’est que tout ce que Dieu commande semble être un poison pour la jeunesse vicieuse qui se nourrit de tout ce que le démon lui inspire. D’ailleurs, l’une des premières armes du démon contre la jeunesse est le sexe. Une jeunesse vicieuse portée à suivre ses passions devient facilement esclave d’elle-même. Or être esclave de ses passions est la pire des servitudes. Être libre, c’est contrôler ses passions et sa sexualité.

La jeunesse ne doit jamais être oisive ni perdre son temps inutilement dans les cafés et les discothèques ni errer dans les rues toute la nuit comme des clochards. Une jeune personne qui est élevée dans l’oisiveté et à qui on laisse tout faire devient plus terrible qu’une bête féroce. Je reprends l’expression de l’écrivain français Paul Claudel († 1955) : « La jeunesse n’est pas faite pour le plaisir, mais pour l’héroïsme. »

Selon moi, une minute de plaisir peut amener mille douleurs. N’oublions pas que plaisirs, douleurs, chagrin, amertume et regrets couchent dans le même lit. Je dis donc à la jeunesse qu’il faut regretter avant et pas après. Nous avons besoin d’une jeunesse stoïque, équilibrée, bien éduquée, bien formée et pleine de maturité.

Jeunesse vous avez gâché la moitié de votre vie, sauvez-en l’autre moitié en vous corrigeant, en changeant votre vie et en abandonnant vos mauvaises habitudes qui sont enracinées en vous. Car pour être heureux, les jeunes gens doivent s’abstenir des plaisirs honteux, des plaisirs du ventre, de la paresse, de la médisance et des passions déréglées.

Je dirais avec saint Paul (2ème épître à Timothée, 2, 22) : « Fuyez les passions de la jeunesse et recherchez la justice, la foi, l’amour [de Dieu et du prochain], la paix, avec ceux qui invoquent le Seigneur d’un cœur pur. » Au sujet de la pureté, Jésus dit (Évangile selon saint Matthieu, 5, 8) : « Heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu. » 

Les jeunes d’aujourd’hui sont les adultes de demain. Une jeunesse sans éducation, c’est la ruine de l’État, observait très justement le philosophe grec Aristote († 322 av. J.-C.). Et j’ajoute qu’avant de donner le pain et l’argent de poche à vos enfants, il faut leur donner l’éducation, de préférence chrétienne. Jeunes gens, jeunes filles, ne soyez pas une armée d’occupation dans la famille, ni à l’école. Ne persécutez pas vos parents, ni vos éducateurs. Vous n’avez pas d’expérience, ne soyez donc pas orgueilleux. Vous êtes des enfants gâtés mais vous ne vous en rendez pas compte. Or, comme le disait Jean-Jacques Rousseau, « le moyen le plus sûr de rendre notre enfant misérable, c’est de l’accoutumer à tout obtenir. » 

Jeunesse, si donc vous ne voulez pas être misérable, cultivez-vous, lisez de bons livres, ne soyez pas esclaves de votre sexualité sauvage et n’oubliez pas la spiritualité. Je conseille aux jeunes filles et aux jeunes gens d’écouter toutes ces paroles de sagesse car, comme la jeunesse n’a aucune expérience, « toutes les chances de se tromper sont nécessairement avec elle », disait l’écrivain français Paul Valéry († 1945).

Père Samuel,

 
 
prêtre catholique

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