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Lettres de demandes de réconciliation adressées à Monseigneur Jean Huard, 
évêque de Tournai (*) 

▲ De gauche à droite : Mgr Grégoire Ephrem Jarjour Auxiliaire du patriarche syro-catholique 
Ignace Antoine II Hayek, Mgr Jean Huard évêque de Tournai et le Père Samuel.

 

(*) – Pour une meilleure compréhension des textes, sans en altérer le sens, quelques modifications de ponctuation et de syntaxe ont été apportées à la correspondance adressée à l’évêché de Tournai.

 


 

Gosselies, le 16 janvier 1985 

À Monseigneur Jean HUARD 
Évêque de Tournai

 

Monseigneur,

 

Me référant à votre lettre, je me permets de vous dire combien son contenu m’étonne.

 

En Belgique (Gosselies) depuis plus de 10 ans, je suis au service de tous, sans distinction de race, de couleur, et de croyance. Je me suis mis également, dès ma nomination de prêtre auxiliaire par votre évêché, au service du doyenné et du Curé de Gosselies.

 

Mon programme de travail a toujours été dicté par M. le Curé de Gosselies. C’est avec l’accord de M. le Curé et à la demande des Sœurs de la Providence que je dis la messe chez elles les samedis, les dimanches, les jours fériés ainsi que durant les vacances. Monsieur le Curé que j’ai contacté parfois m’a toujours répondu qu’il m’appellerait dès qu’il aurait du travail.

 

Lorsque je suis arrivé en Belgique, mon cas a été traité par Monseigneur Himmer et Monseigneur Samain Pierre qui connaissaient très bien mon problème ; ce dernier m’a certifié que tout était en règle et que je faisais dès lors partie du Diocèse de Tournai.

 

Je dois vous signaler que toute ma famille, père, mère, frères, sœurs, neveux, nièces, cousins et cousines ainsi que moi-même, sommes de nationalité belge et habitons tous à Gosselies. Entre autres, je vous signale que deux de mes frères font actuellement leur service militaire en Belgique. Je n’ai plus de contact avec mon ancien Diocèse au Liban depuis plus de 10 ans.

 

Je suis aussi étonné lorsque M. le Curé vous signale ne m’avoir plus vu depuis un bon moment, alors que nous avons concélébré la messe de Minuit à la Noël en l’église Saint-Jean-Baptiste à Gosselies.

 

Je puis vous assurer en toute modestie, que je suis estimé par toute la population gosselienne tant croyante qu’incroyante.

 

Je serais désireux, selon votre disponibilité, d’avoir un entretien avec vous, Monseigneur, comme un fils et me tiens ainsi à votre entière disposition.

 

Dans l’espoir d’une réponse favorable, je vous prie, Monseigneur, d’agréer mes salutations les plus respectueuses.

 

Père Samuel
Prêtre catholique

 


 

Gosselies, le 7 février 1985 

À Monseigneur Jean HUARD 
Évêque de Tournai

 

Monseigneur,

 

Sans nouvelles de votre part au sujet de ma lettre du 16 janvier écoulé, je me suis rendu à Tournai ce 5 février à l’Évêché et à mon grand regret, je n’ai pu être reçu.

 

Connaissant votre bonté, votre courtoisie et votre dévouement, vos prêches sur les droits de l’homme ainsi que les lettres que vous écrivez dans la revue « L’Église de Tournai » vous êtes donc un Père miséricordieux parce que vous représentez Jésus-Christ Notre Seigneur qui a dit : « Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux »(saint Luc 6, 36). Quand vous nous dites dans ces lettres « Aidez les plus démunis -écoutez l’autre tel qu’il est- la différence est une richesse et insistez sur le pardon », je ne comprends pas le pourquoi de cette obstination à ne pas m’entendre ?

 

Reprenant le passage de votre lettre où vous me dites : « le Père Delavie n’a même plus l’occasion de vous voir », je me dois de vous dire que durant plus de dix ans, je n’ai pris que deux fois des vacances et ceci avec l’autorisation du Père Delavie. J’en avertissais également votre évêché et la Mère Supérieure des Sœurs de la Providence de Gosselies.

 

Il est bien évident que si le Père Delavie ne m’impose pas un travail, soit baptême, mariage ou messe, je ne puis le supplanter ni m’imposer. Lorsque je l’ai interpellé en lui offrant ma disponibilité, il m’a toujours répondu : « Si j’ai besoin de vous, je vous appellerai ».

 

Comme le dicton nous dit : « N’entend qu’une cloche, n’entend qu’un son, l’histoire n’est qu’à moitié dite quand une seule personne la raconte ; au reçu de votre lettre du 15 janvier, je me suis rendu chez le Père Delavie. Comme chaque année à cette période, il était en Suisse pour ses vacances de ski et était donc absent. Lors de son retour, je me suis représenté chez lui et ai été reçu. Je lui ai fait part de votre lettre et il me répondit en avoir reçu une photocopie de l’évêché et il s’étonna de son contenu. « Ce n’est pas une solution, dit-il, qu’après dix ans que vous exercez votre sacerdoce dans le diocèse, de vous envoyer une lettre aussi dure : je ne comprends vraiment pas. Jusqu’à ce jour il ne vous a rien dit et, tout d’un coup, quelle mouche l’a piqué ? ». Et il ajoute : « De toute façon, je verrai le Vicaire Général Delor ». À mon humble avis, quand le Père Delavie me dit : « Je vais voir le Vicaire Général Delor », il fait comme le concierge d’un immeuble qui, après avoir mis le feu, appelle les pompiers.

 

Je puis vous assurer que la messe dite par le Père Delavie est purement et simplement créée et inventée de toutes pièces par lui-même et, si j’y assiste, il est bien évident que je le dérange ; c’est pour cette raison que je comprends très bien que le Père Delavie ne souhaite pas ma présence dans l’église : ceci est très gênant pour lui. Voilà le motif pour lequel il essaye à tout prix de m’écarter.

 

Je me permettrais de reprendre le mot de Socrate à son esclave : « Je te battrais si je n’étais pas en colère ». Peut-être étiez vous en colère, Monseigneur, lorsque vous m’avez écrit, mais même si je suis esclave et impuissant s’il vous plaît ne m’écrasez pas, et même si vous m’écrasez ne m’anéantissez pas. Je continuerai par ces paroles extraites du livre du Deutéronome, chap.1, v.16 : « Vous entendrez vos frères et vous rendrez la justice entre un homme et son frère ou un étranger en résidence près de lui » ; au verset 17 : « Vous ne ferez pas exception de personne en jugeant, mais vous écouterez le petit comme le grand ». Le Christ nous dit : « Laissez les petits enfants venir à moi » (saint Marc chap.10, v.14 – saint Luc chap.18, v.16 – saint Matthieu chap.19, v.14). Même si je suis petit, selon la parole de Notre Seigneur Jésus-Christ, vous devriez m’écouter. Je me permettrais une réflexion de l’Ecclésiastique (chap.11, v.7 et 8) : « Ne blâme pas avant d’avoir examiné »« Ne réponds pas avant d’avoir écouté ».

 

Je lis également dans votre lettre du 15 janvier : « Que ce n’est pas la première fois que l’Évêché doit formuler des plaintes à mon sujet ». Je serais désireux de connaître les dates ainsi que la teneur des faits reprochés. Depuis plus de dix ans que je suis dans votre diocèse, jamais vous ne m’avez appelé pour un seul reproche tel un père à son fils, et voilà que, brutalement, vous m’accablez, me jugez et me condamnez sans m’entendre. Comme dit Phocylide de Milet au VIe s. avant J.-C. : « Ne me jugez pas avant d’avoir entendu les deux parties ».

 

Je suis tout disposé à être confronté avec les déposants de ces plaintes et comme dit le proverbe : « L’histoire n’est qu’à moitié dite quand une seule personne la raconte »et, « Avant de juger, travaillons à acquérir la justice » (Eccl. XVIII-19).

 

Vous trouverez ci-inclus, différentes lettres et certificats qui ont été remis à Mgr Samain lors de mon arrivée en Belgique. Documents qui ont permis, après délibération à l’Évêché, mon acceptation et ma nomination de prêtre à Gosselies. Il va de soi que je n’ai plus de contacts avec mon ancien diocèse et que dans mon esprit, je suis incardiné conformément à la lettre dont copie ci-jointe n° 107 du 31 juillet 1975.

 

Je puis vous affirmer être très papiste et je suis les orientations du Concile Vatican II à la lettre. Comme dit saint Cyprien : « Où est le Pape, là est l’Église ». L’Évangile de saint Matthieu au chap.16, v.18 cite : « Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Église ».

 

J’ai choisi comme devise : « Souvenez-vous dans toutes vos actions que vous êtes mortels et vous ne pécherez jamais » (Eccl. Chap.7, v.36).

 

Si toutefois j’ai commis une faute ou manquement, je vous en demande le pardon. Comme dit saint Augustin (sermones CLXIV) : « Se tromper est humain, persister dans son erreur est diabolique ». L’Évangile selon saint Matthieu chap.18, 21 nous dit que Pierre s’avançant dit à Jésus : « Seigneur, combien de fois mon frère pourra-t-il pécher contre moi et devrai-je lui pardonner ? Irai-je jusqu’à 7 fois ? » Jésus lui dit : « Je ne te dis pas jusqu’à sept fois mais jusqu’à septante fois sept fois ».

 

Je me permettrais, Monseigneur, d’insister une troisième fois pour avoir un entretien, et tiens à vous dire qu’il me serait très pénible d’être mis, après dix ans de loyaux services sacerdotaux dans votre diocèse, à la porte comme un vulgaire chien. Votre conscience vous le permettrait-elle ? Même un charpentier ne mettrait pas son ouvrier à la porte après six mois de service.

 

Dans l’attente, je vous prie d’agréer, Monseigneur, mes salutations les plus respectueuses.

 

Père Samuel
Prêtre catholique

 


 

Gosselies, le 6 février 1989 

À Monseigneur Jean HUARD 
104ème Évêque de Tournai 
Place de l’Évêché, 1 
7500 TOURNAI

 

Monseigneur Huard,

 

En réponse à votre lettre du 24 janvier, 1989, je me permettrais de vous répondre point par point.

 

Le 10 octobre 1988, à 15 heures, lors de ma visite chez vous à l’Évêché accompagné de Son Excellence Monseigneur Jarjour, Archevêque Catholique Auxiliaire Patriarcal et d’une autre personne, Son Excellence Monseigneur Jarjour vous a dit : « Le Père Samuel, depuis plusieurs années est le bienfaiteur de nos pauvres et orphelins du Liban (voir annexe). À ce titre, et en remerciement, je désirerais lui conférer le titre de Chorévêque ».

 

Vous lui avez alors répondu : « Depuis le Concile Vatican II, dans notre Église, nous ne conférons plus le titre de Chanoine ».

 

Son Excellence Monseigneur Jarjour vous a alors dit : « Dans notre Église d’Antioche, notre rite et notre liturgie, ce titre de Chorévêque existe et nous continuons de le conférer ».

 

C’est alors que vous lui avez répondu : « Dans votre Église, votre rite et votre liturgie, je n’ai pas juridiction ».

 

Monseigneur Jarjour a cru à ce moment et de par votre réponse, que vous marquiez votre accord sur sa proposition.

 

Cet entretien se termina alors par une tasse de café et vous avez remis à Monseigneur Jarjour en cadeau, un album sur la Cathédrale de Tournai.

 

Nous sommes alors rentrés à Gosselies et Son Excellence Monseigneur Jarjour était ravi et heureux de son entretien avec vous.

 

Depuis plus de quinze ans que j’exerce mon ministère sacerdotal dans le diocèse de Tournai sous votre juridiction, je n’ai jamais rien fait sans le consentement de l’Évêché. Si, lors de notre entretien vous m’aviez conseillé de ne pas accepter ce titre, je m’y serais soumis !

 

J’ai lu votre lettre à quelques psalmistes et sous-diacres qui ont été ordonnés par Monseigneur Jarjour. Ceux-ci ont été très surpris et étonnés de son contenu. Je dois vous dire également que ces personnes sont très pieuses et religieusement très instruites (universitaires). En outre, ils ont été écoeurés de son contenu et de ce fait renoncent à la prêtrise.

 

Votre lettre relate, selon le cardinal Lourdusamy, l’invalidité du titre que m’a conféré Son Excellence Monseigneur Jarjour.

 

Ceci m’étonne, car dans ANNUARIO PONTIFICO 1987, Città del Vaticano, p.756 et p.1899, Son Excellence Monseigneur Jarjour est bien repris comme Évêque Catholique.

 

Je serais désireux de pouvoir poser la question à Monseigneur Lourdusamy dans ce sens : « Son Excellence Monseigneur Jarjour est-il invalide ou valide ? » « Son Excellence Monseigneur Jarjour est-il catholique ou pas ? » Si Son Excellence Monseigneur Jarjour est valide, je le suis !

 

Quant à sa remarque sur la validité du titre de Chorévêque que m’a conféré Son Excellence Monseigneur Jarjour -selon l’extrait du code de droit canon oriental (can.41)- je serais également désireux de savoir de quelle Église il est question, sachant qu’en Orient il y a plusieurs Églises de rites différentes, ainsi que d’obtenir copie de la lettre de Monseigneur Pedroni et l’extrait du droit canon oriental (can.41).

 

Il est bien certain que si Son Excellence Monseigneur Jarjour qui est Archevêque Titulaire d’Edesse et Auxiliaire Patriarcal me faisait savoir que ma nomination (consécration) de chorévêque n’est pas valide, alors, à ce moment-là, je déciderais de la marche à suivre.

 

Permettrez-moi, Monseigneur, de citer un extrait de PUBLILIUS – 1er s. av. J.-C. : « Quand l’accusateur est aussi juge, c’est le triomphe de la force et non de la loi ». Ceci est mon cas !

 

Lors de ma consécration de chorévêque le 23 octobre 1988, une foule nombreuse et variée y assistait, Ministres, Avocats, Docteurs, Ingénieurs, Journalistes et bien d’autres. Cela a donc été fait au grand jour.

 

Permettez-moi, Monseigneur, de vous faire remarquer que vous m’avez souvent jugé et condamné sans m’entendre. Par trois fois j’ai sollicité une entrevue avec vous (en 1985) et jamais vous ne m’avez reçu.

 

Pourquoi avez-vous cette haine viscérale contre moi ? Déjà dans les pays musulmans j’ai souffert physiquement et maintenant, par vous, je souffre moralement et ma santé se dégrade alors que moi, tous les jours, je prie pour vous pendant la Sainte Messe.

 

Cela me donne à penser à l’affaire de Callinium, où saint Ambroise (340-397) dit à l’Empereur Théodose (347-395) : « Il ne faut jamais juger ni condamner sans écouter l’autre ». Ainsi qu’à la parole de Sénèque : « Où la haine domine la vérité fait naufrage. La haine fait tout blâmer dans les personnes que l’on hait et l’on y noircit jusqu’aux vertus. La haine a bien souvent fait de faux coupables. Plus votre haine est injuste, plus elle est opiniâtre ».

 

Je vous dirais que le but de ma vie, en tant que prêtre catholique, est avant tout de servir Dieu, aimer mon prochain, de pardonner et pouvoir ainsi me consacrer uniquement à Notre Seigneur Jésus-Christ ; pouvoir finir ma vie dans la sainteté et la chasteté : car moi, je hais la haine.

 

Votre accusation par laquelle j’ai demandé à des personnes étrangères au culte de se mettre à genoux pour baiser mon anneau est totalement fausse et je m’élève énergiquement contre cette accusation. Je suis d’ailleurs désireux de rencontrer ce ou ces accusateurs.

 

Vous êtes toujours mal informé à mon sujet, soit de près, soit de loin.

 

Vos informateurs ne sont que des jaloux !

 

À ce propos, je puis vous affirmer que depuis le jour de mon ordination, je n’ai plus revêtu cet habillement ni cet anneau. Je n’aurais donc pu donner cet anneau à baiser à quiconque. Ceci est de la pure médisance.

 

À cet égard, Saint Vincent de Paul (1581-1660) dit : « L’humilité est le bien comme l’orgueil est l’origine de tout le mal ». M’y référant, je ne puis par conséquent dire à quelqu’un de baiser l’anneau.

 

Je me considère prêtre de Notre Seigneur Jésus-Christ, très simple et ne voudrais pas être comme le Patriarche de Constantinople Jean Lejeûneur qui, lui, a eu la vanité de se qualifier de Patriarche œcuménique, c’est-à-dire universel.

 

Saint Grégoire le Grand (540-604) qui n’approuvait pas l’orgueil de cet évêque, prit le titre de serviteur des serviteurs de Dieu qu’il croyait convenir à un pasteur perpétuellement occupé à veiller sur le troupeau de Notre Seigneur Jésus-Christ. Depuis, les papes ont toujours conservé cette humble qualification.

 

Ceci m’amène, en tant que prêtre de Notre Seigneur Jésus-Christ, à servir saintement tous les hommes sans distinction car je suis belge, fier de l’être et prêt à donner ma vie pour la Belgique et ses citoyens.

 

Massillon (1663-1742) disait : « La médisance est un feu dévorant qui flétrit tout ce qu’il touche ; la médisance est une petitesse dans l’esprit ou une noirceur dans le cœur ; elle doit toujours sa naissance à la jalousie, à l’envie, à l’avarice ; elle est la preuve de l’ignorance et de la malice ».

 

Ainsi, ces personnes vous ont relaté ces faits par médisance.

 

Vous faites également allusion à une lettre dans le contexte d’une affaire purement civile ainsi que le lancement d’anathèmes.

 

C’est exact ! J’ai lancé des anathèmes car il y a injustice flagrante contre des membres de ma communauté à qui l’on a voulu extorquer de l’argent.

 

Comme Notre Seigneur Jésus-Christ a dit dans l’Évangile selon saint Jean chap.10, v.11 et 12 : « Le bon pasteur donne sa vie pour ses brebis (en les défendant) ».

 

À ce sujet nous pouvons lire dans le dictionnaire Historique d’Éduction 1847, page 224 : Théodose le Grand ayant fait proclamer empereur Auguste Honorius son second fils, le conseilla et lui dit : « Il faut savoir régner sur soi-même. C’est un devoir commun à tous les hommes, l’amour de vos sujets sera votre garde la plus sûre ».

 

De ce conseil, j’en ai tiré une leçon : j’aime protéger mes fidèles quels qu’ils soient.

 

Vous me dites également dans votre lettre : « Vous prenez appui sur de prétendus pouvoirs que vous donnerait ce titre ».

 

Je vous répondrais : oui. Chaque prêtre a reçu le pouvoir éternel que Notre Seigneur Jésus-Christ a conféré, à nous prêtres de Dieu, en ces termes : « Tout ce que vous lierez sur terre, sera lié au ciel. Tout ce vous délierez sur terre, sera délié dans le ciel »(saint Matthieu 18, 18).

 

L’Évangile selon saint Jean (chap.20, v.22-23) dit : « Recevez l’Esprit-Saint, ceux à qui vous remettrez les péchés ils leur seront remis, et ceux à qui vous les retiendrez, ils leur sont retenus ».

 

De ces paroles, je peux faire une comparaison assez simpliste. Imaginons une église où dans un confessionnal se trouve un évêque et dans l’autre un prêtre. Arrive un couple pour se confesser. L’un va chez l’évêque, l’autre va chez le prêtre. Les deux obtiennent l’absolution.

 

Y aurait-il une différence entre l’absolution de l’évêque et celle du prêtre ? Je répondrais : non ! Ainsi, selon l’Évangile cité plus haut, j’ai le pouvoir en tant que simple prêtre.

 

Vous tous contre moi, comment serait-il possible de me défendre ?

 

Les Chanoines de Chartres ayant perdu le procès contre leur Évêque par le crédit de Mme de Maintenon, l’un d’entre eux dit : « Comment aurions-nous gagné ? Nous avions contre nous le Roi, la Dame et le Valet ».

 

On lit dans le psaume (34, 19) : « Nous sommes haïs sans raison ». Je peux dire comme le psalmiste : je suis haïs sans raison depuis plusieurs années.

 

Concernant la validité des mariages, ceci s’y rapporte. Vu que ma communauté et moi sommes détestés, méprisés et avilis par notre gentil curé Bruno Delavie, le grand champion des droits de l’homme qui ne veut pas nous voir ni nous entendre, comment voulez-vous alors que je transcrive les mariages dans les registre paroissiaux ? Quant à leur validité, veuillez-vous référer à l’exemple du confessionnal cité dans la page précédente.

 

Vous mettez aussi en exergue mon activité financière. Je dois vous dire que depuis quinze ans que j’exerce mon sacerdoce dans le diocèse, jamais je n’ai fait d’appel de fonds. Je puis vous affirmer également être au service des fidèles et cela gratuitement. Comme Notre Seigneur Jésus-Christ a dit : « Vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement » (saint Matthieu 10, 8).

 

Je m’étonne de ce racisme qui s’établit contre moi de la part du curé Delavie et de l’Évêché.

 

Sachez que je ne fais qu’un repas frugal par jour. Je ne fume pas, je ne bois pas, je n’ai pas de voiture et ne prends jamais de vacances, sauf des retraites spirituelles. Chaque demande de secours pour les pauvres et orphelins a été honorée favorablement (voir annexes jointes), tout ceci selon l’état de mes moyens.

 

Quand au fait de me laisser ma juridiction et mon traitement, je vous demande pardon si j’ai commis une faute ou manquement. Comme dit saint Augustin (sermones CLXIV) : « Se tromper est humain, persister dans son erreur est diabolique ».

 

L’Évangile selon saint Matthieu chap.18, 21 nous dit : « Pierre s’avançant dit à Jésus : Seigneur, combien de fois mon frère pourra-t-il pécher contre moi et devrai-je lui pardonner ? Irai-je jusqu’à 7 fois ? » Jésus lui dit : « Je ne te dis pas jusqu’à sept fois mais jusqu’à septante fois sept fois ».

 

Je laisse mon cas à votre conscience et à votre tolérance. Depuis quinze ans à votre service et au service des fidèles les plus démunis dans votre diocèse, ceci sans distinction, je crois n’avoir rien à me reprocher. Je n’ai renié ni dogme, ni sacrements, ne suis pas tombé dans l’hérésie et n’ai pas commis de crimes, ni de blasphèmes contre la Sainte Église.

 

Il me serait très pénible, après toutes ces années de bons et loyaux services, d’être mis dehors comme un vulgaire chien.

 

Votre conscience de bon père miséricordieux et vos prêches sur les droits de l’homme vous le permettraient-ils ? Alors qu’un boulanger ne mettrait pas son apprenti dehors après deux ans de bons services.

 

Monseigneur, avant vous, dans le diocèse de Tournai, 102 évêques vous ont précédé et gagné la vie éternelle.

 

Fénelon (1651-1715) Archevêque de Cambrai, disait : « Nous mourons tous les jours insensiblement sans le savoir ». Et Socrate avait souligné ce fait : « Tous les hommes sont mortels, moi aussi ».

 

Par conséquent, vous et moi aussi, Monseigneur, nous le sommes. L’essentiel est donc de rechercher le salut éternel.

 

Effectivement, l’homme est bien peu de chose sur terre, comme disait Philippe II (382-336 av. J.-C.) père du grand Alexandre, roi de Macédoine, qui s’exerçant un jour à la lutte vit la trace de son corps imprimée sur le sable. « Grand Jupiter ! s’écria-t-il, que l’homme tient peu de place sur cette terre ! ».

 

Je termine par une parole de Notre Seigneur Jésus-Christ dans l’Évangile selon saint Matthieu 16, 26 : « Que sert à l’homme de gagner l’univers entier s’il vient à perdre son âme ! ».

 

Avec l’aide de Dieu, dans l’espoir et dans l’attente, je vous prie d’agréer, Monseigneur Huard, mes salutations les plus respectueuses et filiales.

 

Votre Frère dans le Christ, 

Père Samuel
Prêtre catholique

 


 

Gosselies, le 4 décembre 1989 

Monsieur le Vicaire Général 
Jean-Marie DELOR 
Chemin du Prince 315 
Masnuy-Saint-Jean 
7433 JURBISE

 

Monsieur le Vicaire Général,

 

Vous me dites dans votre lettre du 22 novembre 1989, couper mon traitement à la demande de Monseigneur l’Évêque. Je me permets de vous répondre point par point.

 

L’épée de Damoclès est tombée. Vous avez réussi effectivement à couper mon eau, mon électricité, mon gaz et supprimer mon pain en plein hiver. De plus, je n’aurai plus droit ni à ma pension, ni à ma mutualité. C’est une justice vraiment iranienne. Vous prêchez pourtant la charité chrétienne et vous vous montrez le champion des droits de l’homme. Que voulez-vous que je fasse ? Vous êtes juge et accusateur. Permettez-moi, Monsieur le Vicaire Général, de citer un extrait de Publilius -1er s. av. J.-C. : « Quand l’accusateur est aussi juge, c’est le triomphe de la force et non de la loi ». Ceci est mon cas !

 

Vous me dites dans votre lettre que je vais à l’encontre des intentions de Monseigneur l’Évêque. Depuis plus de quinze ans que j’exerce mon ministère sacerdotal dans le diocèse de Tournai, je n’ai jamais rien fait sans le consentement de l’Évêché.

 

Le but de ma vie, en tant que prêtre catholique, est avant tout de servir Dieu, aimer mon prochain, de pardonner et pouvoir ainsi me consacrer uniquement à Notre Seigneur Jésus-Christ. Pouvoir finir ma vie dans la sainteté et la chasteté, car moi : je hais la haine.

 

Ceci m’amène en tant que prêtre de Notre Seigneur Jésus-Christ à servir saintement tous les hommes sans distinction car je suis belge, fier de l’être et prêt à donner ma vie pour la Belgique et ses citoyens.

 

Vous me dites que je fais des mariages et baptêmes, mais c’est mon devoir de les faire comme prêtre catholique. J’ai uniquement fait des baptêmes et mariages de mes neveux et nièces. Vu que ma communauté et moi sommes détestés, méprisés et avilis par notre gentil curé Bruno Delavie qui ne veut pas nous voir ni nous entendre, comment voulez-vous dès lors que je transcrive ces mariages et baptêmes dans les registres paroissiaux ? Quant à leur validité, un mariage ou un baptême fait par un prêtre ou un évêque, quelle différence y a-t-il ?

 

Imaginons une église, où dans un confessionnal se trouve un évêque et dans l’autre un prêtre. Arrive un couple pour se confesser. L’un va chez l’évêque, l’autre va chez le prêtre. Les deux obtiennent l’absolution. Y aurait-il une différence entre l’absolution de l’évêque et celle du prêtre ? Je répondrais : non ! Par conséquent, il n’y a pas de différence pour ce qui concerne les mariages ou les baptêmes.

 

Je m’étonne du RACISME qui s’établit contre moi depuis quinze ans de la part du curé Delavie et de l’Évêché. Sachez que je ne fais qu’un repas frugal par jour. Je ne fume pas, je ne bois pas, je n’ai pas de voiture et ne prends jamais de vacances, sauf des retraites spirituelles et ceci avec la permission de l’Évêché. Chaque demande de secours pour les pauvres et orphelins a été honorée favorablement, tout ceci selon l’état de mes moyens.

 

Vous mettez aussi en exergue mon activité financière. Je n’ai jamais demandé aucune aide financière depuis quinze ans que vous m’avez accepté dans le diocèse, et si vous avez des lettres ou courriers dans lesquels j’aurais fait des appels de fonds, je suis prêt à répondre à ces personnes qui m’accusent. Je puis vous affirmer être au service des fidèles gratuitement. Comme Notre Seigneur Jésus-Christ a dit : « Vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement » (saint Matthieu 10, 8).

 

Permettez-moi, Monsieur le Vicaire Général, de vous faire remarquer que vous et l’Évêché m’avez souvent jugé et condamné sans m’entendre. Par trois fois, j’ai sollicité une entrevue pour rencontrer Monseigneur l’Évêque Huard et jamais il n’a voulu me recevoir.

 

Pourquoi vous tous avez-vous cette haine viscérale contre moi ? Déjà dans les pays musulmans, j’ai souffert physiquement et maintenant, par vous, je souffre moralement et ma santé se dégrade alors que moi, tous les jours, je prie pour vous pendant la Sainte Messe.

 

Cela me donne à penser à l’affaire de Callinium, où saint Ambroise (340-397) dit à l’Empereur Théodose (347-395) : « Il ne faut jamais juger ni condamner sans écouter l’autre ». Alors que vous, vous me jugez et condamnez sans m’écouter ni m’entendre. En recevant votre lettre, je me suis senti en Iran ou en Sibérie ou même chez Idi Amin Dada. Où est votre conscience ?

 

Vous êtes toujours mal informé à mon sujet, soit de près, soit de loin. Vos informatieurs ne sont que des jaloux ! Ce ne sont que des médisants !

 

Massillon (1663-1742) disait : « La médisance est un feu dévorant qui flétrit tout ce qu’il touche ; la médisance est une petitesse dans l’esprit ou une noirceur dans le cœur ; elle doit toujours sa naissance à la jalousie, à l’envie, à l’avarice ; elle est la preuve de l’ignorance et de la malice ».

 

Quant au fait de me laisser mon traitement, je vous demande pardon si j’ai commis une faute ou un manquement. Comme dit saint Augustin (sermones CLXIV) : « Se tromper et humain, persister dans son erreur est diabolique ».

 

Je laisse mon cas à votre conscience et à votre tolérance. Il me serait très pénible, après toutes ces années de bons et loyaux services, d’être mis dehors comme un vulgaire chien. Votre conscience de bon père miséricordieux et vos prêches sur les droits de l’homme vous le permettrait-elle ?

 

Vous tous contre moi, comment serait-il possible de me défendre ? Les Chanoines de Chartres ayant perdu le procès contre leur Évêque par le crédit de Mme de Maintenon, l’un d’entre eux dit : « Comment aurions-nous gagné ? Nous avions contre nous le Roi, la Dame et le Valet ».

 

Vous me dites que je dispose d’autres ressources. C’est totalement faux. Je suis payé comme tout le monde. Sous prétexte qu’un ouvrier possède un peu de biens, son patron peut-il lui supprimer son traitement ?

 

On lit dans le psaume (34, 19) : « Nous sommes haïs sans raison ». Je peux dire comme le psalmiste : je suis haïs sans raison depuis plusieurs années par vous tous.

 

Je termine par une parole de Notre Seigneur Jésus-Christ dans l’Évangile selon saint Matthieu 16, 26 : « Que sert à l’homme de gagner l’univers entier s’il vient à perdre son âme ! »

 

À la fin de votre lettre, vous me dites : je vous reste uni in Christo. De grâce, arrêtons cette comédie, cette hypocrisie et ces mensonges, car si vraiment nous étions in Christo, comme vous dites, vous ne m’anéantiriez pas, ni me détesteriez, ni me couperiez mon traitement.

 

À vous lire, je vous demande à nouveau de me recevoir chez vous.

 

Avec l’aide de Dieu, dans l’espoir et dans l’attente, je vous prie d’agréer, Monsieur le Vicaire Général, mes salutations les plus respectueuses.

 

Père Samuel
Prêtre catholique

 


 

Gosselies, le 5 décembre 1989 

À Monseigneur Jean HUARD 
104ème Évêque de Tournai 
Place de l’Évêché, 1 
7500 TOURNAI

 

Monseigneur l’Évêque Jean Huard,

 

Veuillez trouver ci-joint, photocopie d’une lettre que j’ai envoyée à Monsieur le Vicaire Général Jean-Marie Delor en réponse à sa lettre du 22 novembre 1989 écrite à votre demande.

 

Il est certain que je sentais, depuis quinze ans que je suis dans votre diocèse, cette épée de Damoclès qui était suspendue à un crin de cheval au-dessus de ma tête.

 

L’épée est tombée, mais je suis debout et reste apôtre et prêtre de Notre Seigneur Jésus-Christ quoiqu’il arrive.

 

Vous êtes arrivé à vos fins par la haine viscérale et le racisme que vous aviez contre moi depuis quinze ans.

 

De grâce, ne parlez donc plus de charité chrétienne, de droits de l’homme et de prêche évangélique !

 

Avec l’aide de Dieu, je vous prie d’agréer, Monseigneur l’Évêque Jean Huard, mes salutations les plus respectueuses.

 

Père Samuel (signature)

 


 

Gosselies, le 18 janvier 1990 

Monseigneur HUARD 
Évêque de Tournai 
Place de l’Évêché, 1 
7500 TOURNAI

 

Monseigneur,

 

Depuis ma dernière visite du 12 janvier 1990 à 10 h dans votre palais inquisitorial, je n’ai pu trouver le temps de vous écrire car j’ai reçu chez moi plus de 50 familles en difficulté.

 

Par toutes les questions insidieuses que vous m’avez posées, je me sentais chez vous comme devant Pierre Cauchon, Évêque de Beauvais, l’accusateur de Jeanne d’Arc. Et pourtant, le pape Calixte III prononça sa réhabilitation en 1456, elle fut béatifiée en 1909 et elle fut canonisée par Benoît XV le 9 mai 1920.

 

Je regrette que vous soyez dirigé par votre secrétaire Mayence. J’ai pu voir ses yeux qui sortaient de leur place et entendre ses paroles pleines de sang et de haine. Avec ses mains crochues qui tentaient de m’agripper et de m’étrangler, il était comme un dragon volant. Je me sentais devant le grand inquisiteur espagnol Thomas de Torquemada. C’était donc lui votre informateur de près : il est comme le diable.

 

Comme vous me l’avez demandé, je vous envoie la photocopie de la lettre dont j’ai donné en 1975 l’original à Monseigneur Samain. Par conséquent, je ne peux pas retourner en Orient, car ces pays musulmans étaient contre moi. Aussi, je vous demande de ne pas appliquer une justice inquisitoriale contre moi.

 

Entre-temps, je vous prie d’agréer, Monseigneur, mes salutations respectueuses.

 

Votre frère dans le Christ,

 

Père Samuel (signature)

 


 

Gosselies, le 26 novembre 1990 

Monseigneur HUARD 
Évêque de Tournai 
Place de l’Évêché, 1 
7500 TOURNAI

 

Monseigneur,

 

J’ai bien reçu votre lettre datée du 17/11/90. Son contenu ne m’étonne plus étant donné que l’épée de Damoclès, qui était suspendue à un crin de cheval au-dessus de ma tête depuis 16 ans, vient de tomber, et croyez, Monseigneur, que cela ne me touche plus étant donné le mépris, le dédain et le racisme établis contre moi depuis 16 ans que j’exerce mon sacerdoce et, ceci de votre part.

 

Le 12 janvier 1990, vous avez bien voulu me recevoir dans votre inquisitorial à 10 h du matin. Je me répète mais toutes les questions insidieuses que vous m’aviez posées et vu les yeux de votre secrétaire Mayence, qui lui sortaient des orbites et ses paroles pleines de sang et de haine contre moi : je comprends qu’avec pareil secrétaire, vous soyez arrivé à vos fins.

 

Vous me reprochez de n’avoir pas tenu compte de vos observations, ensuite, de déployer une activité sacramentelle sans contact préalable avec les curés responsables. Comment le pourrais-je ? Puisque depuis 16 ans que j’exerce mon sacerdoce, l’Évêché n’a jamais daigné m’octroyer soit une paroisse, soit de desservir un village, alors qu’à l’heure actuelle, il y a tant de villages sans prêtre et que les vocations se font de plus en plus rares. Alors que moi, je suis payé par l’État pour servir les fidèles.

 

J’attire votre attention sur le fait que depuis 16 ans que j’exerce mon sacerdoce, jamais l’Évêché ne m’a offert ou donné une responsabilité paroissiale, vous trahissez ainsi l’État (par exemple : l’ONEM paie une personne comme fonctionnaire sans lui donner de travail).

 

Cependant, je tiens à vous faire remarquer que depuis 16 ans que j’exerce mon ministère sacerdotal dans le diocèse de Tournai, je n’ai jamais rien fait sans le consentement de l’Évêché. Je refuse de ce fait toutes les accusations dont vous m’accablez dans votre lettre.

 

Vous me faites remarquer que je n’ai aucun pouvoir pour recevoir les consentements matrimoniaux et les baptêmes.

 

En tant que prêtre catholique, il est de mon devoir d’effectuer les baptêmes et de recevoir les mariages ; je suis payé par l’État Belge depuis 16 ans, cela est donc une obligation et un devoir de servir mes chers concitoyens belges en tant que belge moi-même et fier de l’être. Cela fait partie de mon apostolat.

 

De plus, en tant que prêtre de Notre Seigneur Jésus-Christ, je suis là pour servir tous les hommes sans distinction.

 

Vous me reprochez également de ne pas mentionner dans les registres paroissiaux les baptêmes, je vous le répète, vos curés ne veulent ni nous voir, ni nous entendre. Je suis de plus en plus écoeuré du racisme qui s’est établi contre moi depuis 16 ans de la part de l’Évêché et de certains de vos curés.

 

Vous êtes toujours très mal informé à mon sujet, soit de près, soit de loin, vos informateurs ne sont que des jaloux et des médisants. « La médisance est un feu dévorant qui flétrit tout ce qu’il touche, la médisance et une petitesse dans l’esprit, une noirceur dans le cœur, elle doit toujours sa naissance à la jalousie, à l’envie, à l’avarice ». Elle est la preuve de l’ignorance et de la malice (vous êtes tout petit, raciste et jaloux contre moi), je n’en veux pour preuve que, en plein hiver, vous me supprimez mon traitement, par conséquent, mon pain, mon gaz et mon électricité ainsi que ma pension et ma mutualité. Ce qui m’amène à penser en lisant votre lettre que l’on se trouve et se sent dans un pays dictatorial, pays où la conscience n’existe pas.

 

Où donc est votre charité chrétienne ?

 

Vous êtes juge et accusateur contre moi. Cependant, j’exige d’être jugé par un tribunal juste et équitable et non pas par un juge inquisiteur et arbitraire (la tyrannie n’est autre qu’arbitraire). Vous avez d’ailleurs montré votre tyrannie à mon égard.

 

Je puis vous assurer que journellement de 6 heures du matin à 12 heures 30, je reçois des centaines de coups de téléphone, que ce soit nationaux et internationaux et je m’empresse de répondre à leurs difficultés.

 

Quant aux personnes que je reçois, croyez que je ne les invite pas, ces gens viennent d’eux-mêmes, ils sont libres de leur choix mais ils savent que je suis toujours à leur écoute. J’ai d’ailleurs consacré toute ma vie pour cela. Vous autres, vous avez démissionné et vivez confortablement dans vos palais et faites fi du peuple modeste. Les 90 % de visites que je reçois, tant population belge qu’internationale sont : athées, libres penseurs, Francs-maçons, Juifs et même communistes et sont toujours les bienvenus. Bien souvent, ils veulent se convertir et demandent à être baptisés car ils se moquent de l’Église que vous dirigez.

 

Enfin, vous êtes arrivé à vos fins par la haine viscérale et le racisme que vous avez contre moi depuis 16 ans. L’épée est tombée et je reste debout, et, quoiqu’il advienne, je reste et resterai apôtre et prêtre de Notre Seigneur Jésus-Christ.

 

À l’en-tête de votre lettre, je peux lire « Cher Père ». De grâce, arrêtons cette comédie, cette hypocrisie et ces mensonges car, si réellement vous le pensiez, vous ne couperiez pas tous mes moyens d’existence.

 

Pour vous prouver combien cette haine est grande pour ma personne, à la mort de mon père, aucun prêtre de Gosselies n’a eu le courage de faire figurer dans la rubrique « Ceux qui nous ont quittés » le nom de feu mon père.

 

Veuillez agréer, mes salutations respectueuses,

 

Père Samuel (signature)

 


 

Évêché 
de 
Tournai
7800 Tournai, le 29 mars 1993 
Place de l’Évêché, 1 

Père Charles Boniface

 

Cher confrère,

 

Le ministère de la Justice est occupé à vous renommer vicaire à Gosselies, avec effet rétroactif au 1-1-1991. Il reste une dernière formalité administrative.

 

Depuis 1988, le ministère des Finances demande le numéro national pour toute nouvelle nomination (prêtres récemment ordonnés) ou toute re-nomination (p. ex. prêtres achevant le service militaire, ou rentrant d’une mission Fideo Donum).

 

Veuillez donc nous transmettre ce numéro : il figure au verso de votre carte d’identité et commence par 42010135.9.15.

 

Vous êtes sans doute le seul à le connaître, avec l’ordinateur central, auquel nous n’avons pas accès.

 

Merci de bien vouloir nous le communiquer pour que nous puissions le passer au ministère des Finances.

 

Fraternellement !

 

Abbé André Beny (signature)
Service traitements-pensions
 
P.S. : Tant que nous y sommes, veuillez nous rappeler votre numéro de compte, au cas où l’ordinateur l’aurait aussi effacé !

 


 

Gosselies, le 7 décembre 1994 

À Son Excellence 
Monseigneur Jean HUARD 
Évêque de Tournai 
Place de l’Évêché, 1 
7500 TOURNAI

 

Monseigneur,

 

À l’approche de la fête de Noël, de la naissance de Notre Seigneur Jésus-Christ, Prince de la Paix, je vous écris cette lettre qui est une demande de pardon. Si je vous ai offensé depuis tant d’années que je réside dans le royaume, je vous prie humblement de me pardonner, comme le Christ le dit à saint Pierre : « Non seulement il faut me pardonner sept fois, mais jusqu’à septante fois sept fois » (saint Matthieu Ch.18, V.22).

 

Chaque fois que je célèbre la sainte Messe pour les milliers de fidèles qui y assistent -parfois même sur le chemin faute de place- je pense à cette parole du Christ : « Avant de mettre ton offrande sur l’autel, va d’abord te réconcilier avec ton frère »(saint Matthieu Ch.5, V.23), et à l’instant même je pense à vous, Monseigneur. De votre côté, peut-être pensez-vous la même chose ? Qu’attendons-nous pour nous réconcilier sincèrement, pour faire la paix entre nous, et appliquer la parole du Christ ? Je suis prêt à venir chez vous, si vous voulez bien m’octroyer un rendez-vous à votre meilleure convenance.

 

Jusqu’à quand la haine nous dominera-t-elle ?

 

Nous devrions mettre en pratique les recommandations de saint Paul aux Éphésiens, Ch.4, V.26 : « Que le soleil ne se couche sur votre ressentiment », et V.32 : « Pardonnez-vous mutuellement ». Naturellement, l’exemple vient d’en haut. Soyez magnanime, Monseigneur, je n’ai jamais transgressé vos ordres, mais je crois que vous avez été et que vous êtes toujours, de près et de loin, mal informé à mon sujet.

 

Si nous pouvions revenir à la parole originelle du Christ : « Je vous donne un commandement nouveau : Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés »(saint Jean Ch.13, V.34). L’erreur est humaine bien sûr, mais il ne faut pas y persister. Nous devons plutôt aimer la Vérité, et pardonner à l’erreur. En ce qui me concerne, je ne déteste que la haine, je partage l’Amour et la Charité entre tous les hommes sans distinction.

 

Soyez, Monseigneur, comme un Père miséricordieux envers son fils, à l’exemple de Notre Père Céleste (saint Luc Ch.6, V.36).

 

Plusieurs amis m’ont rapporté, et notamment la personne qui vous a abordé le samedi 3/12/94 lors de l’ordination du diacre Claude L., qu’à la question qu’ils vous posent, à savoir : Pourquoi ne donnez-vous pas une église au Père Samuel ? Vous leur répondez : Que le Père Samuel m’écrive, il ne m’a rien demandé.

 

Monseigneur, les milliers de fidèles et moi-même attendons de vous deux gestes au nom de Notre Seigneur Jésus-Christ et de la charité chrétienne : le premier étant la réconciliation et le second la jouissance d’une église soit avant, soit après-midi.

 

Le cas contraire, je continuerai mon apostolat jusqu’à l’épuisement de moi-même -je reçois plus de 200 familles en difficulté par jour- et en vous aimant, tel un fils respectueux de son père, et, en enseignant la doctrine de l’Église, Une, Sainte, Catholique et Apostolique, depuis saint Pierre, premier pape oriental venu à Rome fonder la papauté, jusqu’à Sa Sainteté Jean Paul II. Ma devise est : Où est le pape, là est l’Église.

 

Je donne tout simplement ma vie, comme un vrai berger, gratuitement et saintement pour tous les fidèles, à l’instar de Notre Seigneur, Prêtre par excellence (saint Jean Ch.10, V.11).

 

Dans l’attente de vos nouvelles, je vous souhaite, Monseigneur, une bonne fête de Noël.

 

Père Samuel (signature)

 


 

Gosselies, le 26 janvier 1995 

À Son Excellence 
Monseigneur HUARD 
Évêque de Tournai 
Place de l’Évêché, 1 
7500 TOURNAI

 

Monseigneur,

 

Une fois de plus, je me suis vu au temps de l’Inquisition, ce 12 janvier, lorsque vous m’avez reçu dans votre palais, avec à vos côtés votre juge ecclésiastique, qui notait sur un procès-verbal tout ce qui l’intéressait et tout ce qui vous convenait.

 

Puisque vous avez catégoriquement refusé l’entrée de votre évêché à mon avocat ou à un de mes secrétaires bénévoles, j’en ai déduit que vous me receviez seul, afin de pouvoir nous exprimer librement face à face et sans arrière-pensées.

 

Du fait même que vous aviez consenti à me recevoir, j’osais espérer que réellement nous ferions la paix, oubliant le passé et nos différends, pour construire l’avenir et ensemble instruire les fidèles. Mais il n’en a pas été ainsi, car, une fois de plus, je me suis retrouvé devant un tribunal inquisitorial, comme Jeanne d’Arc devant Pierre Cauchon, qui la fit brûler en 1431, ou encore, comme Galilée, qui fut condamné et bafoué par l’Église, bien qu’il ait eu raison : « … Et pourtant elle (la terre) tourne ! ». Ainsi que Jeanne d’Arc qui fut réhabilitée par l’Église, puis est devenue Sainte et Patronne de France.

 

Saint Paul dans sa 1ère Épître à Timothée ch.3, v.2, parle de l’évêque en ces termes :« Il faut que l’évêque soit irréprochable, sobre, capable d’instruire et aimant l’hospitalité ».

 

Où était votre hospitalité, quand, sur votre ordre, votre secrétaire a strictement interdit l’entrée de votre palais (ne fut-ce même le hall d’entrée) aux quelques personnes qui m’accompagnaient, afin de leur permettre d’échapper au froid intense, à la pluie, et aux bourrasques de vent qui sévissaient ce jour-là ?

 

Bien que ce soit vous qui me chassez de votre diocèse, après vingt ans passés à votre service, admettons la situation suivante :

 

Supposons que je sois le fils prodigue. Vous auriez pu être ce père admirable qui a accueilli son fils, les bras grands ouverts, lui a pardonné totalement sans faire le moindre reproche, sans l’assaillir de questions du genre : Où étiez-vous ? Avec qui ? Qu’avez-vous fait ? Comment avez-vous vécu ? et qui, serrant son enfant sur son cœur, s’est écrié : « Festoyons ! Tuons le veau gras ! Mangeons et réjouissons-nous ! » (L’Évangile saint Luc ch.15).

 

Vous, et les personnes qui vous sont proches, m’avez continuellement blessé, évincé, écrasé, méprisé, exclu, calomnié, dominé, et, tout cela, au point que, toujours, j’ai senti un réel racisme à mon égard.

 

Pourtant saint Augustin (mort en 430) nous dit : « Qu’il sache qu’il n’est point évêque, celui qui veut dominer et non servir ». Le Christ nous montre l’exemple : « Je ne suis pas venu pour être servi, mais pour servir et donner ma vie en rançon pour beaucoup » (saint Matthieu ch.20, v.28).

 

« S’il n’y a ni pardon, ni charité, on ne peut prétendre être disciple de Jésus-Christ », écrit saint Paul dans sa 1ère Épître aux Corinthiens ch.13, v.7 : « La charité pardonne tout, supporte tout ».

 

Vous savez, Monseigneur, je ne suis pas un homme difficile, mais plutôt humble par nature. Vous auriez pu me supporter, car vraiment, je ne suis pas insupportable comme vous vous l’imaginez.

 

Je me fais le défenseur des pauvres, des exclus, des sans-abri, et de tout être humain, sans distinction de classe sociale, d’idéologie, de race et de religion.

 

Je mène un combat incessant pour une véritable fraternité universelle, travaillant sans arrêt, afin de redonner du courage et une réelle liberté aux opprimés, ainsi qu’aux laissés-pour-compte qui aspirent, en plus, à une plus juste égalité sociale.

 

Pour saint Augustin : « Les évêques sont établis pour procurer la Paix du Christ ; s’ils ne la procurent, qu’ils cessent d’être évêques ». En vérité, nous pouvons être sauvés sans l’épiscopat, mais nous ne le pouvons sans la religion chrétienne.

 

Mon but, en venant m’entretenir avec vous, Monseigneur, était de faire la paix. Hélas, à nouveau, vous vous êtes posé en juge et accusateur, en juge et parti pris.

 

Devant vous, se trouvait un questionnaire long de six pages, préparé d’avance, plein de reproches, et se basant sur les sempiternelles calomnies mensongères, que malgré les preuves, vous prenez pour argent comptant.

 

Votre juge ecclésiastique transcrivait des réponses tronquées, et, de nos commentaires à vous et moi, ne retenait que ce qui l’intéressait et ce qui pouvait vous convenir.

 

Lorsque vous m’avez enjoint de signer ce procès-verbal, tout de suite, sans réfléchir, sans pouvoir en emporter une copie pour analyse, je me suis aperçu qu’un piège m’avait été tendu d’avance. Et, vous le pensez bien, je n’allais tout de même pas y tomber tête baissée et signer ma condamnation !

 

Lors d’un précédent courrier, je vous écrivais : Si j’ai commis une faute depuis tant d’années que je travaille dans votre diocèse, je vous en demande humblement pardon. Je croyais que vous m’auriez pardonné, comme le Christ le recommande à saint Pierre : « Il faut pardonner, non seulement sept fois, mais septante fois sept fois » (saint Matthieu ch.18, v.22).

 

Le peuple se rend bien compte que les évêques vivent dans des palais, dans l’opulence et les richesses, tandis que le Christ Notre Seigneur n’avait pas un lieu où reposer Sa tête.

 

Il est vrai que, si quelqu’un devient évêque, ce n’est pas une chose surprenante, mais qu’il vive en évêque pauvre, devient l’exception et force l’admiration. Vous donnez l’impression d’être indifférent au sort des pauvres et des plus démunis.

 

Il semble aussi que vous avez oublié d’appliquer la miséricorde du Christ, pourtant Celui-ci nous ordonne : « Soyez miséricordieux, comme votre Père céleste est miséricordieux » (saint Luc ch.6, v.36). En effet, que sert aux évêques d’avoir été élus canoniquement, s’ils ne sont pas miséricordieux comme Notre Seigneur Jésus-Christ ?

 

Je me sens en parfaite communion avec saint Cyprien (mort en 258), lorsqu’il dit : « L’évêque ne peut avoir ni autorité, ni honneur, s’il ne fait de sa charge un lien de paix et d’unité ».

 

Que faites-vous de votre charge ? Je n’ai vu ni élan de paix, ni désir d’unité émanant de vous. Ce jour-là, j’ai constaté que vous aviez oublié les Écritures Saintes et les recommandations de nos aînés, les Pères de l’Église.

 

Vous paraissez être plongé dans le monde, alors que le Christ nous dit : « Vous n’êtes pas du monde » (saint Jean ch.15, v.19), et saint Paul ajoute dans son Épître aux Romains ch.12, v.2 : « Ne vous modelez pas sur le monde présent ».

 

Étant papiste, je me plais à répéter : Où est le pape, là est l’Église.

 

Quant aux évêques, j’estime que : l’humilité et la justice doivent former comme le vêtement d’honneur de tout évêque.

 

Jamais vous n’avez appliqué une justice équitable à mon endroit. Au contraire, vous m’avez toujours méprisé et considéré comme un petit immigré oriental, bien que je sois naturalisé belge, et fier de l’être.

 

Vous perdez de vue, je crois, que le premier pape saint Pierre venait, tout comme moi d’Orient, et, en petit immigré, il a choisi de fonder la papauté à Rome : c’est pourquoi la papauté est établie en Occident. Il a donné sa vie pour les chrétiens occidentaux. Grâce à son magnifique exemple, je suis prêt à donner ma vie, non seulement pour les chrétiens occidentaux, mais pour l’humanité entière.

 

Notre Seigneur Jésus-Christ, la Très Sainte Vierge Marie, ainsi que tous les apôtres, y compris saint Paul sont originaires d’Orient.

 

Le pape Pie XI reconnaissait lui-même que : « Spirituellement, nous sommes tous des Orientaux ».

 

Vous aurez vraiment une vie épiscopale, si par votre zèle et vos discours, vous ramenez au sein de l’Église ceux qui errent dans la foi.

 

Malheureusement, que voyons-nous : les fidèles sont abandonnés comme des brebis égarées, sans berger, car vous avez perdu le zèle épiscopal, vous ne ramenez plus, au sein de l’Église, par vos discours, les fidèles qui errent dans la foi.

 

Pour vous en convaincre, regardez autour de vous, ici en Europe, la quantité de sectes qui voient le jour !

 

L’évêque devrait être l’espérance des malheureux, la consolation de ceux qui pleurent ; il devrait visiter les malades, secourir les pauvres, et procurer l’hospitalité.

 

Mais, étant logé, chauffé, nourri, gâté et percevant un bon salaire, vous avez tendance à oublier les pauvres et les sans-abri (jamais vous n’avez abrité un pauvre chez vous), vous ne donnez plus d’espérance aux malheureux, aux exclus, vous ne consolez personne, vous ne visitez plus les malades.

 

Que d’heureux feriez-vous, si vous mettiez la moitié de votre palais épiscopal à la disposition des plus démunis !

 

Hugo Cardinal nous apprend qu’ : « Il y a beaucoup d’intrus dans l’épiscopat (surtout de nos jours) qui désirent non être utiles aux autres, mais les dominer ; qui cherchent l’honneur et non le fardeau, le repos et non le travail, les avantages propres et non le salut des âmes. Ce n’est pas l’amour de Jésus-Christ qui les fait entrer dans l’épiscopat, mais leur propre ambition ».

 

Vous donnez le sentiment de chercher la domination, de préférer les honneurs, plutôt que de travailler au salut des âmes.

 

D’après saint Jean Chrysostôme (mort en 407) : « Un évêque doit être plein de mansuétude, de miséricorde ; que ce soit par le pardon, plutôt que par la vengeance qu’il régisse l’Église ; qu’il soit plus aimé que craint ».

 

Suite à l’expérience que j’ai vécue, vous avez constamment fait preuve d’une haine viscérale envers moi, due au simple fait que je suis Oriental, que je suis sémite descendant directement de la race de Jésus-Christ et parlant la langue du Christ, de la Vierge Marie et des apôtres : l’Araméen.

 

La haine et la jalousie vous aveuglent au point de ne pas vous rendre compte que vous avez, en ma personne, un véritable apôtre de Notre Seigneur Jésus-Christ.

 

Pour ma part, j’aimerais que l’évêque soit un ange dégagé de tous les vices, de tous les troubles de la vie humaine, sans parti pris ni a priori, et délivré de tout esprit de vengeance.

 

Pierre Blésens ne dit-il pas : « Regardez comme détestable la vie des évêques, qui marchent la tête haute, la figure menaçante, les yeux farouches, avec des dehors terribles : ce sont des disciples non de saint Pierre, mais de Simon le magicien, non du Christ Notre Seigneur, mais de Néron, persécuteur de chrétiens » ?

 

Je me suis perpétuellement senti persécuté par vous sur tous les plans, aussi bien sur le plan moral que religieux et spirituel.

 

Ne s’agissait-il pas d’une réelle persécution lorsque vous m’avez coupé les vivres en plein hiver, et laissé sans moyen de subsistance ? Je me croyais revenu au temps de Néron, grand persécuteur de chrétiens !

 

Rappelez-vous. Vous-même, aviez signalé mensongèrement, au Ministère des Cultes, que j’avais démissionné ! Comment avez-vous pu ourdir un tel complot ?

 

Vous saviez que jamais je ne démissionnerais ni alors, ni jamais ! Je mourrai debout, en prêtre catholique, dans l’apostolat au service de Notre Seigneur Jésus-Christ et du peuple jusqu’à la fin de ma vie !

 

Y aurait-il deux justices dans votre diocèse ? L’une pour les prêtres pédophiles qui perçoivent régulièrement leur salaire, et que vous protégez ? (comprenez-moi bien, je ne veux pas la mort du pécheur). L’autre, pour les prêtres dont la tête ne vous revient pas ?

 

Il n’est pas trop tard pour que vous changiez votre vie, que vous vous convertissiez comme Clovis (en abandonnant ce à quoi il tenait) s’est converti à la vraie chrétienté ; il n’est pas trop tard non plus pour que nous fassions la paix en nous aimant les uns les autres (saint Jean ch.13, v.34), comme le Christ nous a aimés conformément à l’ordre qu’Il a donné à tous Ses disciples.

 

Monseigneur, travaillons ensemble pour l’humanité entière, chassons de nous toute haine immortelle, traitons tout le monde honorablement et poliment, aimons-nous les uns les autres saintement, afin que nous puissions dire avec le philosophe Sophocle (mort en 406 av. J.-C.) :

 

« Je ne sais partager que l’amour et non la haine ».

 

Honte soit sur le clergé !

 

Voici un philosophe païen qui parle mieux que nos hommes d’Église, alors que ceux-ci ont connu le Christ, et ont reçu Son enseignement.

 

Jusqu’à ce jour, je me suis trouvé dans l’impossibilité de vous écrire, ma maison est envahie par les fidèles, les sans-abri, les exclus et les pauvres auxquels je viens en aide jour et nuit, gratuitement.

 

Aujourd’hui enfin, je dispose d’un petit moment de répit pour la présente.

 

Je suis absolument convaincu, si vous êtes un humble serviteur du Christ, de votre aptitude à réfléchir à tout ce que nous nous sommes dit ; à me pardonner si j’ai commis une faute, et à faire la paix avec moi : petit serviteur de Jésus-Christ et des pauvres.

 

Merci de votre aimable attention.

 

Bien à vous,

 

Votre frère dans le Christ, 

Père Samuel (signature)

P.S. : À nouveau je vous fais parvenir mes 27 propositions, qui pourraient constituer la base de notre réconciliation.

 


 

Gosselies, le 12 janvier 1995 

À Son Excellence 
Monseigneur Jean HUARD 
Évêque de Tournai 
Place de l’Évêché, 1 
7500 TOURNAI

 

Monseigneur,

 

1. Ma devise est « Où est le Pape, là est l’Église »
 
2. Faisons la paix.
 
3. Permettez-moi - d’évangéliser,
 
4. Permettez-moi - de convertir les âmes, 
 
5. Permettez-moi - d’éduquer le peuple, 
 
6. Permettez-moi - de respecter tous les êtres humains, sans distinction, 
 
7. Permettez-moi - d’aimer Dieu et mon prochain comme moi-même, 
 
8. Permettez-moi - de rétablir la paix dans les familles, 
 
9. Permettez-moi - de prêcher les préceptes de la Sainte Église Catholique, 
 
10. Permettez-moi - de prêcher la morale, 
 
11. Permettez-moi - d’enseigner les valeurs chrétiennes et humaines,
 
12. Permettez-moi - de redresser la jeunesse déviée,
 
13. Permettez-moi - de catéchiser les familles, 
 
14. Permettez-moi - d’être pour le peuple et avec le peuple,
 
15. Permettez-moi - de rester toujours accueillant aussi bien pour les croyants que pour les incroyants, 
 
16. Permettez-moi - d’organiser des conférences et de les prêcher dans des églises (par exemple : « Le carême » pendant la période du carême, et d’autres sujets en d’autres circonstances), 
 
17. Permettez-moi - de m’installer dans une église abandonnée et d’appliquer la discipline pastorale sur l’ordre de l’évêché du diocèse et du doyen local, 
 
18. Permettez-moi - de célébrer les sacrements sous la surveillance de l’évêché du diocèse et du responsable local, 
 
19. Permettez-moi - de respecter et d’aimer tout homme après Dieu comme Dieu, 
 
20. Permettez-moi - de tenir compte des milliers de personnes que j’ai converties et accueillies, et que je ne peux abandonner, 
 
21. Comme le pape saint Grégoire Le Grand disait : Dieu a créé l’œil pour voir, ainsi le prêtre est ordonné pour célébrer les sacrements, parce qu’il est ordonné prêtre pour l’éternité selon l’ordre de Melchisédech,
 
22. Si je vous ai offensé, je vous prie de me pardonner, comme le Christ l’enseigne à saint Pierre : « … Pardonnez non seulement 7 fois, mais septante fois 7 fois »(saint Matthieu Ch.18, V.22), 
 
23. Oublions le passé et construisons l’avenir. Ne soyons plus juges et accusateurs, juges et parti pris, 
 
24. Aimons la Vérité, et pardonnons à l’erreur, 
 
25. L’erreur est humaine, persister dans l’erreur est diabolique,
 
26. Le Christ nous ordonne ceci : « Je vous donne un commandement nouveau : Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés » (saint Jean Ch.13, V.34),
 
27. Prions l’Esprit-Saint afin qu’il nous éclaire et que nous pratiquions l’Évangile de Notre Seigneur Jésus-Christ.
 


 

Avec mon plus profond respect,

 

Père Samuel (signature)

 

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